Anger, jealousy, bitterness, tiredness, hope, lost, love.

Anger, jealousy, bitterness, tiredness, hope, lost, love.
_____Pointe-de-berlingot commence bien ; je n'arrive pas à changer le fond du blog. Il fut un temps où cela m'aurait plus qu'exaspéré. Mais là je pense que je vais faire avec. J'ai compris qu'on ne peut pas écrire sur tout, et que l'écriture est bien plus puissante qu'on ne le croit. J'écrirai ici d'une manière simple, et ferai partager des impressions fugitives. Bonne lecture aux inconnus, à ceux qui ont compris, ou qui comprendront un jour.
J'ai été , , et . Désormais je n'y suis plus.

# Posted on Tuesday, 21 April 2009 at 11:27 AM

Edited on Thursday, 27 August 2009 at 6:13 AM

A rebours des choses...

_____Une nouvelle plante, d'un modèle similaire à celui des Caladiums, l' « Alocasia Metallica », l'exalta encore. Celle-là était enduite d'une couche de vert bronze sur laquelle glissaient des reflets d'argent ; elle était le chef d'½uvre du factice ; on eût dit d'un morceau de tuyau de poêle, découpé en fer de pique, par un fumiste.
_____Les hommes débarquèrent ensuite des touffes de feuilles, losangées, vert-bouteille ; au milieu s'élevait une baguette au bout de laquelle tremblotait un grand as de c½ur, aussi vernissé qu'un piment ; comme pour narguer tous les aspects connus des plantes, du milieu de cet as d'un vermillon intense, jaillissait une queue charnue, cotonneuse, blanche et jaune, droite chez les unes, tire-bouchonnée, tout en haut du c½ur, de même qu'une queue de cochon, chez les autres.

Huysmans, A rebours.

# Posted on Tuesday, 21 April 2009 at 11:40 AM

Edited on Tuesday, 21 April 2009 at 11:54 AM

Qu'est-ce que l'hypokhâgne, première année de Lettres Supérieures, HK, classe préparatoire littéraire ?

_____J'aime bien les personnes qui font ceux qui s'intéressent à la prépa quand ils me demandent ce que je fais ; ou bien qui pensent savoir ce que c'est – ils savent tout sur tout – et n'en savent en réalité rien. Ce qui peut donner : « Oui, bien sûr, je connais, c'est comme LEA ! ». Ou encore : « Mais en fait il n'y a pas tellement de différence entre la fac et la prépa en fin de compte ». Et quand en plus je dis que je fais une prépa littéraire, c'est le comble. Les gens sont polis, alors ils se retiennent, et pour les soulager, je suis obligé de dire en finissant d'énumérer mes matières (littérature, philosophie, histoire, géographie, anglais, italien, latin, langues et cultures de l'antiquité) : « oui, les trucs chiants », ce à quoi on me répond : « carrément ! ».

 Les classes préparatoires, qui sont comme un musée où coule le formol à flot.
 Vous devriez vous mettre à jeun de la parole, si j'ose dire.
 Essayez de prendre en note ce que je dis, voyez certains ne se sont même pas rendus compte que je dictais une citation.
 Mais pourquoi vous ne savez rien ?
 Evidemment, nous finirons tous en Bavière avec des petites culottes de cuir.
 Mais pourquoi ça tousse comme ça ?
 Ayez un maximum de jus.
 Calmez-vous un peu, les dates de Noël n'ont pas été avancées.
 La khâgne est comme un wagon de première classe mais dans un train qui ne mène nulle part, comme les chemins de Heidegger.
 Ici ce n'est pas une pâtisserie de luxe, c'est un camp de travail.
 Cette espèce de tempérament de récidiviste, vous savez, le président de la République déteste ça.
 Les portes de l'ANPE comme celles de l'Enfer sont grandes ouvertes.
 Il y a tellement de manière d'être nul.
 Votre explication n'est pas assez sexuelle. Je veux dire, textuelle.
 J't'embrouille, j'vois rien !

# Posted on Tuesday, 21 April 2009 at 11:40 AM

Edited on Tuesday, 21 April 2009 at 12:20 PM

Ce qu'il en reste.

Ce qu'il en reste.
_____Le jeune homme, penché vers l'entrée du bouge, écoutait sombre et rêveur. Il lui fallait réfléchir aux jours prochains. Comment allait-il se comporter, allait est-ce être comme il se l'imaginait ? Une femme, blonde, l'air fier et courageux, une poêle à la main, qui criait après son mari, interrompit son questionnement. Il sourcilla, contrarié, mais reporta son attention sur le couple fantomatique. La femme semblait lui reprocher quelque chose, cependant on ne parvenait pas à saisir quoi, et le jeune homme se disait qu'elle-même ne devait pas savoir pourquoi elle était énervé, simplement qu'elle avait besoin de l'être. En face d'elle, l'homme restait impassible, l'air ferme, et le stoïcisme dont il faisait preuve contrastait d'autant plus avec la colère de la femme déchaînée. L'air grésillait autour d'elle tel des parasites électrisants. L'ustensile qu'elle tenait dans sa main tournait en ronds concentriques qui se rapprochaient petit à petit de l'homme qu'elle avait de front. Pourtant, son bras sembla fléchir, et elle lâcha la poêle à terre. Soudain, elle aperçut le jeune homme. Elle s'adressa à lui en criant : « Et qu'est-ce que tu regardes, toi, là ?! ». Il ne répondit pas, et continua de les regarder. « Réagis enfin » dit la femme à son mari. « Partez », lui dit-il. Le jeune homme se redressa, s'apprêta à partir, se dirigea vers la porte du bouge, puis revint : « Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs. », dit-il. Puis il partit.

_____Le dimanche matin, il pleuvait légèrement. La côte était déserte, le village semblait abandonné. Seule la mer s'agitait sous l'effet du vent et de la marée. Le sable était froid et âpre. Il était si tôt qu'aucun café n'était encore ouvert. Nous décidâmes de nous séparer, certains voulant attendre à tout prix l'ouverture d'un endroit où se mettre à l'abri et au chaud, d'autres, c'était notre cas, voulions nous promener et avancer le long de la côte. Il faisait humide, nous avions à peine dormi une heure ; nous perdions la notion de temps, celle d'espace. C'était une sensation agréable que de ne plus saisir l'organisation interne à nos pensées, d'être simplement à Balcanec, d'avancer, un pied après l'autre, dans un monde irréel où les nuages blancs et roses paraissaient naturels – je ris au wasserfall blond. La fin de la côte, là où le domaine de Balcanec s'arrêtait, où commençaient un autre chemin, des dunes, des vents, des mers, des déserts, m'atteignit de plein fouet. Il s'agissait de ce lieu où mes parents m'avaient emmené petit, seul lieu que je connaissais, que je ne pensais pas revoir ; que j'avais même oublié, ne pensant jamais avoir entendu ce nom de Balcanec auparavant, ce nom qui me faisait tellement rêver et qui maintenant se décomposait, sous l'effet d'extase et d'ivresse, en lettres auxquelles correspondaient une couleur, un son, un rapprochement divin. La pluie s'intensifia, les nuages devinrent sombres, et le tonnerre gronda au loin. La pluie battante nous obligea à s'abriter à cet endroit même où j'étais déjà venu – face à la mer. Ils ne parlaient pas, et moi non plus. Le temps se rafraichissait alors même que le soleil souhaitait percer les nuages d'orage. Ils se serrèrent l'un contre l'autre. La cavité qui nous servait de refuge avait un renfoncement dans lequel ils s'assirent. Je restai debout, à l'entrée, à la limite même des éléments naturels et de la caverne, leur tournant le dos. Là, je respirai, essayai en vain de mettre de l'ordre dans mes pensées. Je pleurai alors, longtemps et silencieusement, mes larmes rejoignant sur le sol mouillé celles des nuages ; et je pleurai, les larmes coulant le long de mes joues, auxquelles la pluie se mêlait, ou parfois même les embruns de la mer de Balcanec.

# Posted on Monday, 27 April 2009 at 8:50 AM

Edited on Monday, 27 April 2009 at 9:04 AM

Par-ci par-là.

Par-ci par-là.
_____Quand on attend, on ne sait jamais quoi se dire. Alors autant se dire que ça ira. Et puis après tout est déjà écrit ! Soles occidere et redire possunt, quoi.
Je n'ose me dire que je dois tout à cette dernière phrase. Bien que j'aie réussi mon concours blanc de latin, j'ai fait l'énorme contresens en écrivant cette phrase de le prendre pour son inverse, car en effet la suite de cette phrase était une antithèse. Pour autant, c'était écrit, le soleil pouvait disparaître. Il disparut, et cependant, c'était écrit. Quand je m'en aperçus, ce fut mon unique espoir.

_____Je me suis fait la réflexion que finalement Tours était une ville étudiante, quand La Rochelle était une ville touristique. Je me sens touriste à La Rochelle, étudiant à Tours, dans l'esprit, dans l'attitude, l'apparence. C'est d'un distinguo !

_____Les gens fantaisistes. Il y en a de toutes sortes. Ce mot résume parfaitement ce que je pense, ce que comprennent certains et d'autres non. Qu'est-ce que j'ai aimé cette conversation ! C'était tellement vrai, tellement compréhensible par moi-seul. En HK, les fantaisistes sont nombreux. Mais en fin de compte, ils sont partout, y compris là où on ne les attend pas. Et... c'est inénarrable, facétieux au possible ! J'aime ça ; du moins, comme les Bloody Beetroot, à petite dose. Je change de plus en plus.

# Posted on Sunday, 10 May 2009 at 9:41 AM

Edited on Monday, 07 September 2009 at 11:15 AM